L'épopée des Quartiers Nord...

Vue par un fan des Quartiers Sud (un gandin, quoi!...)

Créé en 1977 autour de Robert " Rock " Rossi (chant), Alain " Loise " Chiarazzo (gratte) et Philippe Troïsi (gratte), Quartiers Nord c’est LE groupe rock Marseillais. Un gros Hard qui tâche joué par des musicos qui savent à l’occasion taquiner du Mac Laughlin, des paroles bien de chez nous (plus un glossaire pour les Parisiens), tous les ingrédients pour rentrer " d’innntrée " dans la légende... Le premier album sort en 80 et use dix millions de saphirs

.
Chaque chanson devient un hymne, de " On m'appelle le gros (on m’a trouvé dans une poubelle à la Belle de Mai ") à " Partouze à 6 à minuit moins dix ", de " Quartiers Nord " à " Chagrin de banlieue "...La fine poésie (" La voisine du dessus, je la rève en dessous, mais le mec du dessous est déjà par dessus "," Depuis que ma mère m’a foutu à l’école, je frappe les copains je casse les bagnoles ",...) côtoie les solos musclés des deux six-cordistes chevelus (le petit nerveux et le grand mou).

Ne cherchez pas ce bijou! On ne le trouve plus depuis longtemps (même pas aux baraques bleues...). Moi-même, j’ai égaré le mien. Ma cassette est archi-usée. D’ailleurs c’est celle de Paugam. Je suis très malheureux... (NDA : le temps passe... Les baraques bleues du cours Julien sont devenues vertes, on y trouve toujours plein de Strange et de Buck Danny, et surtout, SURTOUT!, le premier disque vient d'être réédité en CD!!!, voir page correspondante).

Gros délire en 81. Le deuxième album " Suspect " est chié au studio des grottes Loubière (le célèbre studio où fut enregistré le grandiose "Aguinte-moi les alibofis" de John Eddy Milton et son parcmètre!) Sur la pochette, une belle paire de... Santiagues répond au Perf du premier Opus. A l’intérieur, les chansons sont mieux arrangées, le son est meilleur, et malgré beaucoup d’efforts, Rock n’a toujours pas l’accent parisien. Ce coup-ci, je fus prévoyant, j’en achetai un pour écouter et un pour regarder (Et putain je l’écoute encore, j’ai même attaqué celui à regarder!). Plus que jamais influencé par ZAPPA, QN pond de nouvelles merveilles : " Incrusté dans un WC " (Testez un vrai Marseillais : dites-lui simplement le titre, il vous hurlera instantanément " COMME UN ESTRON FOSSILISEEEEAAAAHHHHHH "), " PréHu "... Et bien sur un blues particulier, " qu’j’appelle le Blues du Plâtrier "!

En 83 Troïsi quitte le groupe, et Rock et Loise s’exilent à Paris pour enregistrer le troisième opus " Bancal ". Hélas, il pleut tout le temps et l’album est un demi-ratage. Demi parce que des titres comme " Rébellion d’un Pébron ", on en redemande! Mais le son est très mauvais, le style plus dispersé... On retrouve Michel Isnard à la guitare, qui a notamment joué au sein de " Guitares en Trio " et "Eclat" avec Loise et Troïsi. Rock nous dévoile les secrets de sa garde-robe (" J’me fringue en peau de vié importée du Canet "). le groupe tourne ensuite beaucoup dans la région, puis c’est le grand silence...

Et alors, lorsqu’on n’y croit plus, lorsqu’on se dit que de toute façon on est devenu trop vieux (et qu’eux c’est encore pire!), qu’on ne fait même plus attention à l’annonce " Quartiers Nord cherche Clavier " parue dans "Le 13", on tombe sur une radasse en noir et blanc qui nargue toute la FNAC. "Maman Marseille" (et sa super cagole-pochette) nous redonne la foi en 88! Après une corniche en Ciao en 2mn07, on dépose la galette inespérée sur la platine, et... Surprise! Le son du groupe a beaucoup changé (notamment par la présence des claviers d’olivier Stalla). Loise est parti signer les meilleures heures de Léda Atomica (" Marseille, Bouche de vieille "), et c’est Troïsi qui est revenu. Super rythmique : Christian Magro à la basse et Christian Bini à la batterie. Le Hard " craignos et fier de l’être " a fait place à une musique plus élaborée, très bien interprétée, avec quelques regrets quand même pour le délire crasseux des deux premiers albums où la présence des deux guitaristes aux styles si différents faisait mouche. Mais Loise n’est pas parti sans laisser un cadeau : " Méhu " nous régale les oreilles " aque ses yeux de Bogue et sa bosse porte-bonheur ".

Plusieurs années s’écoulent ensuite avant qu’une série de concerts (très fidèles à Maman Marseille) ne nous rappelle l’existence du groupe. En 91, c’est le premier CD : " Fous, mais pas fadas ", avec à peu près les mêmes musicos que MM. Ca sonne d’ailleurs pareil (influence du style bien léché de Troïsi), le son et les arrangements sont excellents, certains morceaux d’anthologie (" Raymond ", " Paulette " et bien sûr " La nuit des Chapacans "!)... On se prend à rêver d’une production annuelle régulière!

 

Mais deux ans après toujours rien... Rien? A la fin de l’année 94, une anodine tête de Rock aplatie contre une vitre nous annonce dans Taktik l’arrivée prochaine de " Basilic instinct " chez Ta Mère Productions!

Effervescence dans le milieu, sciatiques et arthroses sont oubliées et l’on clopine à la FNAC quérir la sixième merveille. Surprise : Rock est le seul rescapé du groupe d’origine, et c’est donc le premier album sans Troïsi ni Loise. Malgré cette constatation qui a déjà jeté bon nombre d’anciens sur leurs bécanes pour aller cacher leurs larmes aux Goudes, les courageux qui ont appuyé sur Play se régalent d’un mélange Hard pur et dur des premiers jours ("Gourou des aygalades", "Je me coule un bronze",...), de Reggae (sublime "Algarade aux aygalades", merci Jo Corbeau!) et de chansons à cappella ("Polyphonies du régali" , "Elle vendait des panisses",...) rodées dans les rares concerts récents du groupe. Le disque est très bien produit, les musiciens très nombreux (on distingue notamment Patrick "garage" Daraji GuitaristeBassisteArrangeurCoauteur de beaucoup de morceaux, Fabrice " Boule " Baud à la guitare solo, et deux énergumènes chanteurs, connus jusque là comme manager ou agitateurs de scène, Donna/Hervé Donnadieu et Monsieur Jacques/Jacques Huygevelde).

Ce groupe "New Look" propose sa nouvelle formule Aioli/Rock/Raggae/Hard/Grossfét pour plusieurs concerts qui mèlent fans et moutons, le temps d'une grosse régalade, puis c'est encore le silence entrecoupée de brèves apparitions (Toursky...). Ce n'est que pour mieux préparer "A l'est de l'estaque" qui sort en 97. Le personnel a quelque peu changé : exit Garage Hadji, remplacé à la basse par Etienne Jesel, ex Léda Atomica et surtout musicien/compositeur lié au (bon) théatre ("La rue ou l'éléphant est tombé","Radix",...). Fabrice Baud est devenu incontournable (C'est vrai que pour en faire le tour!...) aque sa Gibson Marauder de folie. Le disque est excellent : son d'enfer, super guest-stars (juan Carmona, Jan-Maria Carlotti, et même Loise...) et un ailoi bien dosé entre différents styles. Et surtout, vouais je le dis, et surtout à la fin la première apparition sur disque de l'hymne international des anciens possesseurs de Simca 1000, ceux qui un jour ou l'autre on tremblé dans le fameux virage des Arnavaux : Autoroute Nord, magistralement interprété avec la guitare de Loise qui sonne comme aux plus grandes heures du premier groupe!!! C'est trop bon! Tellement bon qu'une fois le disque terminé, après une minute de silence, ça repart avec "Le demeuré du Rock'n'Roll", non mentionné sur le livret.

Une production régulière et de qualité, un groupe qui tourne à merveille, voila de quoi envisager sereinement le cap des vingt printemps : Le concert "On n'a pas tous les jours 20 ans" met le feu à l'Espace Julien, et les sorciers du studio Nerves sont là pour capter ce grand moment. L'occasion est trop bonne : Juin 98, le premier Live sort! Il s'appelle fièrement "Anthologie Live", et mélange les morceaux cultes ('Incrustés"...) aux raretés ("Branlo à plein temps"...) exécutés par 3 groupes différents (cuvée 85, Loise/Troisi des familles, cuvée 92,en quartet avec Loise -un très grand moment, voir la page Témoignages!!! - et enfin le concert anniversaire et ses multiples formules). C'est du tonnerre de dieu! Le superbe livret est rempli de photos que la nostalgie elle nous tombe dessus.

Nostalgie? Et vouais! L'année 99 commence avec la réédition 18 ans après de "Suspect" en version remastérisée à tirage limité. L'occasion de réentendre en boucle avec un son "High tech Nickel Chrome Digital de folie" : "Moi le préhisto et mes copains pré-hu, on joue avec des os à se taper dessus, on croque des lézards on gobe des tétards, tous vos trucs superflus nous on s'en bat le cul!" ("Pré-Hu"). Et 99 fini avec une autre réédition : celle du premier album, avec deux perles en bonus, "Blondo le travelo" et on m'appelle le gros en live au Moulin en 1985!

Et Méffi! 2000, c'est plein de projets! Alors DANGER!!!

Francité